Auteur : Thremendous
Traductrice : Moonkissed
— Mon artefact magique est presque terminé ?
— Oui, l’étape conceptuelle est quasiment achevée ; il ne me reste qu’à agencer précisément la structure avant de lancer la fabrication.
— Hmm…
Je sentis une attente subtile naître en moi.
Même si je ne m’intéresse guère aux objets externes, je suis curieux de voir quel artefact elle a conçu.
— Vous pouvez me dire de quel type d’artefact il s’agit ?
— Ah, c’est un secret. Je vous le dirai une fois la structure complètement posée.
— Hmm… je vois.
— Et, Daoïste Seo, vous avez une tâche.
— Oh ?
Elle me prit la main et m’emmena à son atelier.
— À partir d’aujourd’hui, Daoïste Seo va aussi apprendre à fabriquer des artefacts magiques.
— Euh… ?
— N’avez-vous pas stipulé que l’artefact devait être assez simple pour que vous aussi vous puissiez le fabriquer ?
Je lâcha un rire un peu amer.
— On dirait que la Demoiselle Buk veut faire de moi un artisan pour satisfaire cette condition.
— Ahaha, ne vous en faites pas. Ce n’est vraiment pas difficile. Si vous savez faire la chose la plus simple, vous pourrez fabriquer seul l’artefact que j’ai conçu.
Après un instant de réflexion, j’acquiesça.
— Dans ce cas, je vous en prie, enseignez-moi.
Après tout, apprendre à raffiner des artefacts pourrait m’être utile.
Et ainsi commença l’apprentissage du raffinage d’artefacts.
Le début du raffinage d’artefacts, c’est s’habituer à « fabriquer » des choses.
Je me suis acclimaté à l’atelier de Buk Hyang-hwa en commençant par de simples travaux manuels.
Fouuush !
Zzz…
J’examina l’objet en verre que je venais de fabriquer de mes mains dans l’atelier de Buk Hyang-hwa.
Comme les débutants ne peuvent pas utiliser de matériaux précieux, j’ai commencé par des ouvrages en verre, à partir du sable abondant du désert, pour m’habituer à l’acte de créer.
— Hmm…
Buk Hyang-hwa regarda l’objet que j’avais fait.
— Qu’est-ce que c’est ?
— C’est une poupée de malédiction. Ça fait partie de mes méthodes de cultivation.
— Les poupées de malédiction sont d’ordinaire en forme humaine… et ça, c’est une étoile de mer ?
— …C’est censé être un humain.
À mes mots, Buk Hyang-hwa se couvrit la bouche et détourna le regard.
Je sentais ses muscles bouger — elle ravala un fou rire.
— Hmm… Il semblerait, Daoïste Seo, que vous n’avez pas beaucoup de talent pour l’artisanat.
— …J’ai toujours manqué d’aptitude pour fabriquer des choses.
— Pff…
Après un court moment, elle me dit :
— Continuons à essayer. Ça ira mieux avec le temps.
— Merci pour l’encouragement, mais…
Mes talents d’artisan n’ont pas vraiment fleuri.
La poupée de verre, qui ressemblait d’abord à une étoile de mer, a fini par se rapprocher d’une silhouette humaine, mais cela restait insuffisant aux yeux de Buk Hyang-hwa.
Elle m’a formé non seulement au raffinage des artefacts, mais aussi à leur utilisation.
Il semble nécessaire de se familiariser avec les artefacts pour savoir les fabriquer.
Avec l’aide de Buk Hyang-hwa — et de Kim Young-hoon, venu à la Cité de Cheon-saek — nous avons entamé un entraînement spécial.
Vroom, vrooom !
Elle notait améliorations, corrections et nouvelles idées en m’observant contrôler la marionnette-monstre contre Kim Young-hoon.
Je manœuvrais la marionnette tout en actionnant divers artefacts que Buk Hyang-hwa m’avait confiés pour coincer Kim Young-hoon.
— Ugh !
Boum !
Kim Young-hoon vut balayé par un artefact ; un nuage de poussière s’éleva.
Les artefacts fonctionnent à l’énergie spirituelle, mais leurs mouvements suivent strictement ma conduite ; cet entraînement profitait donc à Kim Young-hoon, à Buk Hyang-hwa et à moi.
Je guidais Kim Young-hoon, lui montrant sans cesse la route du royaume suivant et polissant sa technique.
Buk Hyang-hwa me fit commencer par des poupées, puis passer aux épées volantes en verre.
Travailler sous forme d’épée m’était plus familier, et fabriquer était devenu un peu plus facile.
J’ai façonné des épées volantes en verre à l’infini, m’accoutumant peu à peu à « fabriquer ».
Les mois ont passé.
Sans m’en rendre compte, je me suis retrouvé à travailler dans la boutique d’artefacts de Buk Hyang-hwa.
Ce n’était pas du raffinage proprement dit, mais j’assurais la vente, les explications aux cultivateurs qui passaient, et l’entretien des artefacts.
— Hé, patron, ce sabre me paraît un peu louche.
— Kim hyung, tu n’as pas besoin d’artefact, de toute façon. Et la propriétaire de la boutique, c’est la Demoiselle Buk, pas moi.
— Kukukku, quand un couple tient une boutique, les deux sont propriétaires. De quoi tu parles ?
— Qu’est-ce que tu racontes…
Examinant un artefact en forme de sabre, Kim Young-hoon me lança :
— N’avez-vous pas pratiquement vécu ici, toi et Miss Buk, ces derniers mois ? Maintenant, les cultivateurs qui achètent à la Cité de Cheon-saek colportent que “la boutique est tenue par un jeune couple de cultivateurs”.
— …
— Même le père de Miss Buk pense que vous allez bientôt vous marier. Hahaha, je ne sais pas quand, mais félicitations.
Buk Joong-ho et Kim Young-hoon sont devenus compagnons de beuverie.
‘Bon sang. Comment une telle rumeur s’est-elle propagée…’
Mi-désemparé, mi-agacé par ses idioties, je le mis dehors et partis au marché voisin.
Je suis chargé d’acheter du papier pour Buk Hyang-hwa, qui en avait besoin pour ses plans d’artefacts.
C’est en arrivant chez le papetier—
— Oh, mais n’est-ce pas le futur mari, Sieur Seo ?
— Pardon ?
La vieille patronne me tendit, en ricanant, une liasse de papier.
— Je vous ai vus dans la rue avec la fille du chef observateur, tout mignons. J’ai entendu dire que vous viviez ensemble, vous n’êtes pas encore mariés ?
Tandis que je m’embrouillai, la vieille me regarda, intriguée :
— …Nous ne sommes pas encore mariés.
— Oh, vous n’en êtes pas encore là. Mais tout le monde sait que vous êtes faits l’un pour l’autre ; pourquoi ne pas vous marier vite ?
— Ah, non…
Alors que je me troublai de ses paroles, un autre commerçant sortit et renchérit :
— Toute la ville sait que vous êtes amoureux.
— C’est vrai, on vous voit ensemble depuis des années.
— …
Il semblait que la rumeur avait couru dans toute la cité : nous serions un couple de cultivateurs tenant la boutique.
‘C’est fou.’
Pourquoi une rumeur pareille a-t-elle pris une telle ampleur ?
Recevant les félicitations prématurées, je récupérai le papier et retourna à l’atelier.
— Quoi ? Vous n’êtes toujours pas officiellement ensemble ?
Kim Young-hoon, en pleine pratique du sabre, me lança ça.
Je lis son intention, bloqua toutes ses attaques et répondis :
— Nous ne nous sommes rien dit, l’un à l’autre.
— Argh ! Je vais exploser ! Toi, passe encore, mais pourquoi Miss Buk ne t’a-t-elle rien dit ? Je croyais que son intention était limpide…
— Stop, s’il te plaît.
J’esquiva, j’écrasa son sabre, et visa ses points vitaux.
— D’accord, tu gagnes pour cette fois. Mais… grâce à toi, je commence à sentir le truc.
De fait, je perçus sa vitesse s’écarter peu à peu de ses schémas habituels.
S’il poursuit encore quelques années, il pourrait véritablement saisir l’essence de l’Entrée aux Cieux.
— Mais pourquoi ne comprends-tu pas le cœur des gens ? Avoue-lui franchement et sortez ensemble, bon sang !
— …Je t’ai dit d’arrêter.
Soupirant, je clos l’assaut et descendis à l’atelier de Buk Hyang-hwa pour ma séance du jour.
Derrière moi, Kim Young-hoon brailla :
— Franchement, déclare-toi ! C’est insupportable à voir !
— Insupportable à voir…
Je ressentais la même chose.
Je poussai un bref soupir et entra dans l’atelier.
Les années passèrent.
Fouuush !
Dans l’atelier, je saisis une épée de verre tout juste raffinée.
— D’une manière ou d’une autre, vous avez progressé. On dirait presque une vraie lame, non ?
— C’est grâce au bon enseignement de la Demoiselle.
Je ne regarda pas que les épées : il y avait aussi les poupées de verre.
Mes compétences s’étaient nettement améliorées, au point que les poupées se rapprochaient des vraies silhouettes humaines.
Dernièrement, je me suis aussi essayé à d’autres objets que des poupées ou des épées.
— Au fait, Daoïste Seo, vous avez encore fait une étoile de mer ?
— …Ce n’est pas une étoile de mer. C’est une fleur.
— Oh, une fleur. Pardon.
— Non, c’est mon manque d’adresse.
Après quelques échanges légers, je sortis prendre l’air.
Voilà bientôt dix ans que je suis à la Cité de Cheon-saek.
Je connais les rues par cœur, et ses habitants me sont familiers.
Dans ce temps à la fois long et court, bien des choses ont changé.
— Mes respects, Immortel Seo.
— Oui, mes salutations.
Après quelques saluts à un vieil homme et aux voisins, je quitta la Cité pour le Désert Fouleur des Cieux.
Parmi tous ces changements, le plus notable est la progression de Kim Young-hoon.
Vroom, vroom !
À force d’entraînement et de méditation, Kim Young-hoon a presque atteint l’Entrée aux Cieux.
En non-esprit, il danse au sabre, tissant d’innombrables principes martiaux, tranchant chaque grain de sable porté par le vent du désert.
Une démonstration insensée !
Fouu, fouu !
Peu à peu, sa danse de sabre se teintait d’un halo doré.
Une lumière pure, naturelle, qui évoquait le soleil.
— C’est comme ça depuis quelques jours.
Il est au seuil de l’illumination.
— Vraiment, Hyung Kim. Jusqu’où iras-tu, cette fois ?
Dix ans seulement.
En une décennie, il est sur le point de franchir le seuil de l’Entrée aux Cieux — avec encore plus de cinquante ans devant lui.
— Montre-moi !
Sa danse s’accéléra.
Était-ce « Marcher sur la neige sans laisser de trace » ?
Ce n’est pas un champ de neige, mais il avance sur le sable sans imprimer le moindre pas.
Et soudain—
— Son essence de cœur se solidifie… !
Je sentis l’essence de cœur de Kim Young-hoon s’étendre et se préciser.
Un immense Peng fait de fleuves d’or !
À mesure que son essence se clarifiait, un éclat vif jaillit de ses yeux.
Son domaine de conscience rayonna tel un soleil d’or, s’infusant dans son sabre.
— Entrée aux Cieux au-delà de la Voie.
Grrrrm !
— Sabre Rayonnant Transcendant !
Flash !
Une radiance dorée explosa en tous sens, fusant vers les cieux et tranchant un nuage passant au-dessus du désert.
Du cœur de la lumière, Kim Young-hoon surgit, le visage comblé de toutes les joies du monde.
— J’y suis ! Seo Eun-hyun !
L’espoir au regard, il brandit son sabre d’or et me dit :
— Viens !
Fouuush !
Le Sabre Rayonnant Transcendant fondit sur moi.
À sa vitesse familière, je souris en coin.
‘C’est ça.’
Ce n’est pas une pâle imitation : c’est le « vrai » Sabre Rayonnant Transcendant !
Boum !
Je tira mon Épée Sans-Forme et heurta le Sabre Rayonnant Transcendant — une détonation gigantesque balaya le désert.
Dans un miroitement doré, Kim Young-hoon disparut une fraction.
Je plissa les yeux et dispersa l’Épée Sans-Forme en tous sens.
L’Épée Sans-Forme devint une tempête incolore gigantesque autour de moi. Rapide comme la lumière, Kim Young-hoon y ondulait tel un oiseau gracieux jouant avec les vents.
— Impressionnant… !
Zip !
En un éclair, il m’attint et abattit son sabre d’or.
Je modula l’Épée Sans-Forme pour lui barrer la route et libéra vers lui d’innombrables trajectoires incolores.
Dans l’intervalle d’un instant, mille heurts éclatèrent.
Le désert se creusa, le sable fondit en verre, des vallées naquirent, des nuages se déchirèrent.
Kaboom !
Je déchira l’éclat doré et, d’un revers, frappa vers le haut avec l’Épée Sans-Forme.
Dans la brèche d’un instant, Kim Young-hoon para de réflexes quasi-lumineux et riposta près de trente fois.
Je me recouvrit des trajectoires de l’Épée Sans-Forme, bloqua sa pluie de coups et le projetta au ciel.
Fouuush !
Nous montons, lacérant les nuages du désert.
Parmi ces nuages secs, il restait un peu d’humidité, aussitôt vaporisée par nos mouvements. Ne subsistent que quelques gouttes autour de nous.
Boum !
Nos chocs dispersèrent ces gouttelettes ; bientôt, il n’en restait qu’un petit nombre.
Sept gouttes.
Swoosh !
Le Sabre Rayonnant Transcendant perça la trame de mon Épée Sans-Forme et me perça à jour.
En un clin d’œil, mon Épée Sans-Forme opéra soixante-treize transformations, dissipa le Sabre Rayonnant, puis contre-attaqua en centaines de variations.
L’une des sept gouttes éclata et s’évapora dans le fracas.
Les six restantes tombèrent lentement.
Nous redescendons à leur suite, échangeant comme d’un commun accord.
Kim Young-hoon tourna autour de moi, pressant de toutes parts.
J’étendis l’Épée Sans-Forme en éventail, accrocha son sabre : une autre goutte éclata — il en restait cinq.
Bang, bang, bang !
Après plusieurs échanges, nous nous fixons, descendant à la vitesse de chute des gouttes, le sol approchant.
Fouuush !
J’infusa les changements de mon Épée Sans-Forme dans deux gouttes devant moi et les propulsa vers Kim Young-hoon.
Toutes les variations de l’Art de l’Épée Tranche-Montagne contenues dans l’Épée Sans-Forme furent compactées dans ces gouttes.
Les intercepter à l’aveugle, c’est se faire déchiqueter net !
Kim Young-hoon lit le changement des deux gouttes et, Sabre Rayonnant en main, piqua au point le plus faible des transformations — puis fondit sur moi.
Les deux gouttes éclatèrent ; il n’en restait plus que trois entre nous.
L’assaut de Kim Young-hoon commença.
Il employa Vent de la Montagne pour me percer ; une goutte de plus éclata.
J’évita de justesse la pointe, mais une fine estafilade me barra la joue.
Kiiiing !
Des centaines de milliers de variations jaillirent de mon Épée Sans-Forme, engloutissant Kim Young-hoon tel un mascaret.
Kwoaaang !
Il tenta d’échapper à la houle, mais ne parvint pas à se dépêtrer du filet de mon Épée Sans-Forme et chuta à pic.
Une autre goutte éclata — il n’en reste qu’une.
Nous touchons terre avant la dernière goutte et prenons nos gardes.
La dernière goutte était sur le point de heurter le sol.
Fwoosh !
Le Sabre Rayonnant Transcendant resplendit.
Son énergie interne se relia au Sabre Rayonnant comme des veines, attirant l’énergie externe.
Le Sabre Rayonnant servait de noyau externe et amplifia sa puissance. Kim Young-hoon tint sa posture dans cet état.
Moi aussi, j’empoigna l’Épée Sans-Forme. En même temps, la Force Spirituelle Pure en moi se relia à l’Épée Sans-Forme — je sentais ma force vitale s’y enlacer.
Mon Épée Sans-Forme devint elle aussi un noyau externe, amplifiant ma puissance.
Quand la dernière goutte arriva pile à hauteur de nos yeux—
Sans hésiter, nous sourions tous deux et déchaînons nos coups les plus puissants l’un vers l’autre.
À cet instant, lorsque notre maîtrise martiale suffit à faire s’évaporer la dernière goutte d’elle-même—
[Je me suis décidé. À lui avouer.]
Au cœur du duel enfiévré et du tourbillon d’émotions, je partageai enfin ma décision avec lui.
